PLAYING BOSS – CHAPITRE 1

– CHAPITRE 1 –

Mes talons noirs à semelle rouge claquent sur le sol en marbre. Femmes et hommes se retournent sur mon passage. Habillée d’une petite robe noire moulante, je m’installe au bar.

— Comme d’habitude ? m’interroge le barman.

J’opine et jette un oeil autour de moi tandis que mon cocktail préféré est en cours de préparation. Mes doigts se baladent sur le bois vieilli du bar. Je croise les jambes et m’installe plus confortablement sur mon siège. La faible luminosité enveloppe la pièce dans une ambiance tamisée. Quelques néons de couleur ajoutent à l’endroit une touche plus moderne. En ce début de jeudi soir, les lieux sont calmes.

Il va falloir patienter avant le début de la chasse… Le temps que les gros poissons finissent de travailler et viennent se changer les idées. Chacun son fantasme. Le mien, c’est de coucher avec des hommes dont le salaire dépasse les cent mille à l’année. J’aime les costumes de luxe, les Rolex et l’assurance des hommes riches, bien que je ne les revois généralement pas deux fois.

Qui sera ma proie ce soir ?

Le Cherry Blossom est l’un des bars les plus sélects de San Francisco. Un ancien plan cul m’y a fait entrer et c’est devenu mon terrain de jeu préféré. Beaucoup d’hommes de passage. Les habitués sont discrets et leur salaire avoisine facilement les six chiffres.

Mon regard s’arrête sur un homme assis à quelques sièges de moi. Il pianote sur son téléphone en buvant un whisky. Son costume sur-mesure met en valeur sa silhouette athlétique.

Il relève la tête, sentant mon regard curieux. Mon coeur manque un battement. Sa peau métisse fait ressortir ses yeux vert clair. Ses lèvres bien dessinées donnent envie d’y goûter. Ses cheveux sont bouclés. Pas frisés, non, juste bouclés. Ce mélange d’origines créé un cocktail explosif qui le rend extrêmement séduisant. Il dégage un magnétisme captivant.

Il arbore un sourire arrogant. Mon souffle se coupe. Son visage est une incitation à la débauche.

Le barman dépose le cocktail devant moi. Un homme s’installe à ma gauche.

— C’est pour moi, déclare-t-il d’un ton autoritaire.

Haussement de sourcils. Une cinquantaine d’années, les cheveux poivre et sel et une carte au plafond de retrait illimité. Je ne suis pas forcément attirée par les sugar daddys[1] mais il ne faut jamais sous-estimer l’expérience de partenaires plus âgés. J’ai parfois eu d’agréables surprises.

— Merci, je lui souris.

Ses yeux d’un bleu persan me rappellent la couleur d’un ciel d’été sans nuage. Il émane de lui un charme indéniable. Nous discutons pendant une dizaine de minutes. Je remarque que le beau gosse nous jette des coups d’oeil. Monsieur serait-il déçu ?

Mon sugar daddy est pressé et souhaite m’amener dans un lieu plus calme. Pas ce soir. Le boulot m’a empêchée de chasser depuis quarante-six jours déjà. Je veux prendre mon temps, savourer les choses.

Je décline poliment. Gentleman, il hoche la tête et me souhaite une bonne soirée avant de s’éloigner.

Ma proie a un sourire joueur. Je me lève avec mon verre et me dirige vers lui. Son sourire s’élargit. Il croit mener la danse. Il ignore que je suis une experte. Le flirt n’a aucun secret pour moi.

Je pousse un siège près de lui et m’y assois sans le regarder. Je bois une gorgée de mon cocktail. Il est parfait. Son regard me parcourt mais il ne daigne pas me parler. Je sors mon téléphone et vais sur les réseaux sociaux. Il n’esquisse aucun geste mais j’ai conscience de l’attention qu’il me porte.

Une minute.

Deux minutes.

Trois minutes.

— Vous vous êtes installée près de moi pour une raison particulière ? lance-t-il, vaguement curieux.

Sa voix riche et profonde m’arrache un sourire moqueur. Le jeu peut commencer. Je me tourne innocemment vers lui :

— Une envie.

— Serait-ce lié à ma personne ?

Je hausse un sourcil. L’orgueil est une vertu que j’apprécie chez mes amants. Il suffit d’un peu les titiller pour qu’ils se surpassent.

— Toujours tout ramener à soi, une capacité des hommes qui me fascine…

Il tire mon siège vers lui. Nos jambes se frôlent.

— Ce qui me fascine le plus, c’est la capacité des femmes à jouer avec nous… Telles des petites chattes affamées, vous vous amusez avec vos proies.

Il se croit chasseur et pense pouvoir me dominer dans notre jeu. Il ignore encore que ce soir, il va trouver son maître… enfin, sa maîtresse.

Mon doigt trace le contour de son verre. Je récupère une goutte de whisky sur mon doigt et la lèche. La puissance de l’alcool explose sur ma langue. Il a observé le moindre de mes gestes. Je l’interroge, faussement intéressée :

— La question à se poser : qui de nous deux est la proie ?

Sans se démonter, il approche son visage du mien. Nos lèvres sont si proches. Il susurre :

— Je vous laisse croire que c’est moi, mais je suis le prédateur.

Ma bouche se dessèche. Un éclair transperce mon ventre. Un rire m’échappe. Je réplique :

— Si cela vous fait plaisir, tant mieux pour vous. Je ne voudrais pas blesser votre petit ego.

Un rire moqueur franchit ses lèvres. Bordel, c’est le truc le plus sexy que j’aie entendu depuis longtemps. Il me le faut. Ce soir, je couche avec cet Apollon.

— Nous pourrions jouer longtemps, mais j’ai d’autres projets.

Haussement de sourcil. 

Il prend son verre et en boit une gorgée. Ce simple geste m’excite. Je l’imite et termine mon verre.

— Quel est votre prénom ? s’enquit-il.

— Dakota.

Il a un mouvement de recul et s’empresse de dire :

— Je ne recherche pas d’escort et…

Je le coupe en lui montrant ma carte d’identité.

— C’est mon vrai prénom.

— Et la carte aussi elle est vraie ?

Je lève les yeux au ciel et lui tends mon badge de boulot indiquant mes informations.

— Convaincu ?

Ses yeux s’attardent sur le logo de mon entreprise. Il m’observe. Un sourire étire ses lèvres.

— Pas encore. J’espère que vous serez à la hauteur, Dakota.

L’entendre prononcer mon prénom m’excite. Je ris doucement et me penche un peu plus vers lui :

— Qui vous dit, cher inconnu, que vous me mettrez dans votre lit ce soir ?

— Parce que je vous veux.

Son souffle caresse mon visage brûlant. Ses lèvres ne sont plus qu’à quelques centimètres des miennes. Je tourne la tête et fais un geste au barman qui me ressert. 

Le métis se recule, me toise comme s’il cherchait à me percer à jour. Il peut toujours essayer.

       Mon verre de nouveau rempli, j’en prends une gorgée en léchant le bord. L’homme à côté de moi laisse échapper un petit rire. Il aime ce jeu autant que moi.

— Je n’ai pas le droit de connaître votre prénom ? je l’interroge.

— Parce que vous n’êtes pas très sage, répond-t-il en m’indiquant mon second verre.

Il n’a pas apprécié ma feinte. Le jeu n’en devient que meilleur. Cette phrase embrase mes sens. Mes seins s’alourdissent alors que mon intimité commence à devenir humide. 

— Et qu’allez-vous faire ?

Un sourire narquois apparaît sur son visage. Il me fait signe d’approcher. Tout doucement je m’avance et il chuchote :

— Te punir. Tu n’as pas arrêté de me chercher… Tu mérites qu’on te baise fort.

Un tsunami ravage ma petite culotte. En temps normal, j’aurais fait durer le jeu encore longtemps, mais mon abstinence interminable a raison de moi. Tant pis pour le flirt, il me le faut.

— L’inconnu a un pied-à-terre ?

— Mon appartement est à quelques minutes d’ici.

Je hoche la tête. Il part payer nos consommations. Je termine mon verre sans me presser. Il me rejoint et m’attrappe. Son bras entoure mes hanches dans un geste possessif.

De nouveau, mes talons claquent sur le sol alors que nous sortons.

Nous sommes en plein été et il fait encore soleil. L’air est bon. Nous montons à pied une pente pour nous diriger vers les quartiers très riches de la ville. Toujours proches, il veut savoir si je viens habituellement dans ce bar. Je reste évasive.

Le trajet dure moins de cinq minutes. Nous nous arrêtons devant l’une des plus luxueuses tours de la ville. En plus d’être beau comme un dieu, il a le compte en banque qui suit.

Galant, il m’ouvre la porte et me fait entrer dans le bâtiment. Il doit au moins avoisiner les quarante étages. Ce n’est pas le plus grand mais le standing y est élevé. Le sol est en marbre. Sur le côté, un réceptionniste en costume tape sur un ordinateur. L’entrée est aussi immense que vide. Quelques plantes décorent les lieux et des fauteuils sont positionnés pour patienter en cas d’attente.

Mon inconnu, d’un signe de tête, salue la personne à l’accueil puis m’amène vers l’ascenseur. Celui-ci s’ouvre silencieusement et nous entrons. Les portes se referment à peine que nous nous jetons l’un sur l’autre. Mes mains s’agrippent à ses épaules tandis que les siennes explorent mon dos et mes fesses. Une fièvre sexuelle semble s’être emparée de nous.

La sonnerie retentit. Nous nous écartons subitement l’un de l’autre. L’inconnu me prend par la main et m’entraîne dans son immense appartement. Sa langue dans ma bouche m’empêche de prêter attention aux lieux.

Il me soulève. Mes jambes se placent naturellement autour de sa taille. Nous continuons à nous embrasser. Mes chaussures tombent, sa chemise aussi. Nous arrivons dans sa chambre.

Il m’allonge sur son lit King Size. Ses mains remontent le long de mes jambes puis il attrape ma robe et la relève lentement le long de mon corps. Alors que la précipitation semblait de rigueur, il a subitement changé de rythme.

Très lentement, sa bouche m’explore à mesure que le tissu disparaît. Il embrasse, mordille et lèche ma peau dans le seul but de me provoquer, de me torturer… Il ne s’attarde pas sur les zones les plus érogènes comme pour mieux me titiller. Il prend un malin plaisir à les éviter. Monsieur avait promis de me punir et il compte bien s’y tenir. Ses mains sont taquines, mais tout comme sa bouche, elles ne viennent jamais toucher les endroits que je voudrais.

Son odeur m’enivre ; un mélange d’eau de cologne hors de prix et de transpiration masculine. Je ferme les yeux. C’est si bon. Cela fait bien longtemps qu’un homme n’a pas pris son temps de la sorte.

Il lui faut une bonne dizaine de minutes pour enlever totalement ma robe. Ce supplice est si délicieux. J’en veux encore. En sous-vêtements, j’ai déjà bien trop chaud. Il a su embraser tout mon corps. Il s’empare de mon pied droit qu’il embrasse avant de sucer mon petit orteil. Un gémissement m’échappe.

Ses yeux clairs reflètent une vraie faim, de celles qui me font vibrer. Dans la pénombre, seule la lumière de la ville éclaire la pièce. Il détaille mon ensemble noir en dentelle. J’aime la manière dont il me dévore des yeux.

— Retourne-toi, ordonne-t-il.

Sa voix grave me provoque d’agréables frissons. Je tarde à le faire et suis récompensée par une fessée. Elle m’arrache un petit cri de plaisir. Je me cambre un peu plus. Il rit doucement et caresse mes fesses.

Ses doigts effleurent ma culotte, déjà trempée.

— Dakota, tu n’as pas été très sage ce soir. Je vais être obligé de sévir.

Il glisse sa main sous le tissu en dentelle. Deux doigts me pénètrent, m’arrachant un cri. Il alterne de lents mouvements puis des plus rapides. Ma respiration s’accélère à mesure qu’il m’explore. Alors qu’habituellement, il faut toujours un petit temps pour que les hommes trouvent cet endroit qui me fait crier, il y arrive en quelques minutes à peine. Un troisième doigt et ma tête part brutalement en arrière. Je me laisse complètement faire, séduite par ses gestes experts. Mes hurlements sont en rythme avec le mouvement de ses doigts. Je sens les vagues de plaisir se rapprocher jusqu’à un orgasme fulgurant.

Il se retire et fait quelques pas vers la table de chevet. Un emballage se déchire puis il revient se positionner derrière moi.

— Maintenant, je vais te prendre fort, comme tu le mérites.

Il baisse ma culotte brutalement. Pour contraster son geste, il entre tout doucement en moi. Centimètre par centimètre, il fait durer le plaisir. Je n’ai pas pu voir la bête mais je la sens divinement bien en moi. Je veux bouger et accélérer le rythme mais suis réprimandée par une fessée.

— Tu es pressée ? Je vais donc prendre tout mon temps… 

Cette lenteur est une torture. Je veux aller plus vite. Un long gémissement m’échappe. Il chuchote :

— Supplie-moi et je consentirai peut-être à accélérer.

Je me mords la lèvre pour ne pas céder à son caprice. Mais ce rythme si lent me tue. Il faut qu’il y aille plus fort. Je n’en peux plus. L’orgasme est si proche mais n’explosera jamais de cette manière.

— Va plus vite ! je lui ordonne avec torpeur.

— Avec plaisir petite chatte.

Le changement m’arrache un cri de plaisir. Les va-et-vient sont de plus en plus forts et profonds. Mes hurlements ne font qu’augmenter le rythme. Ma poitrine se soulève rapidement. L’ensemble de mon corps semble avoir pris feu. L’entendre prendre du plaisir est tout aussi excitant et ne fait qu’augmenter le mien. Il ponctue ses coups de butoir de fessées. Mes jambes se mettent à trembler. Ma tête tourne agréablement. Bientôt. L’orgasme se rapproche quand je l’entends gémir, emporté par le sien. Je pousse un grognement de mécontentement alors qu’il se retire et enlève le préservatif. Il me retourne, l’air amusé, et m’embrasse fougueusement :

— Oh non je ne vais pas te laisser comme ça, susurre-t-il.

Sa tête descend. Sa bouche s’attarde sur mes seins, dressés et lourds. Il les malaxe tandis que sa langue en agace la pointe. Je me cambre comme pour échapper à cette délicieuse torture. Puis il descend jusqu’à mon clitoris. Mes mains se crispent dans ses cheveux bouclés tandis qu’il entre de nouveau deux doigts. Sa langue tourne autour. Il joue avec comme tout à l’heure avec ma poitrine.

Il me faut à peine quelques minutes pour exploser dans un orgasme intense et puissant. J’en suis étonnée. J’ai toujours été très longue à monter et encore plus à exploser. Il n’y a que moi qui parviens à m’offrir des orgasmes multiples. Enfin, ça c’était avant. L’alchimie sexuelle entre nous est si puissante. J’ai toujours cru que c’était un mythe mais visiblement pas, pour mon plus grand bonheur.

Le reste de la nuit, nous le passons à s’explorer l’un l’autre, à essayer de se rassasier sans réussir. Il suffit d’un simple effleurement pour réveiller instantanément mon bas-ventre. Un regard, une parole et nous voilà à se sauter l’un sur l’autre. Habituellement, je n’aime pas refaire plusieurs fois l’amour au cours de la même soirée. Avec lui, c’est le contraire. Alors qu’il est très tard, je sombre dans le sommeil, emportée par cette nuit de débauche.

***

Je fronce les sourcils. Quelque chose me gêne. J’ouvre les yeux et les referme aussitôt à cause des rayons éclatants du soleil. Je ferme toujours les volets.

La soirée me revient en mémoire.

Je me tourne. Mon dieu grec est nu et endormi. Il est encore plus magnifique que dans mes souvenirs. Ses abdominaux couleur chocolat au lait sont dessinés à la perfection. J’ai envie de les lécher. Je secoue la tête comme pour me rappeler à l’ordre. Le réveil sur la table de chevet indique six heures.

Putain, j’ai une présentation hyper importante ce matin ! Je sors discrètement du lit, récupère mes habits et les enfile dans la gigantesque pièce de vie. Le salon et la salle à manger sont très impersonnels, et l’immense cuisine ouverte sur le séjour est somptueuse. On dirait un appartement témoin. Les tableaux abstraits duochromes ajoutent à l’atmosphère froide. On aurait presque du mal à imaginer qu’une personne vit ici.

Rien ne traîne, hormis mes chaussures de luxe et sa chemise. Je récupère les premières, avise un bloc-notes sur le frigo et y note mon numéro de téléphone. Quand on trouve un mec sachant aussi bien baiser, on ne le laisse pas filer.

Sans m’appesantir, je quitte les lieux. L’ascenseur m’indique que nous sommes à l’étage quarante. Alors que la montée la veille m’a paru rapide, la descente s’éternise. Je salue le réceptionniste d’un signe de la tête et m’engouffre dans la première bouche de métro.

Je passe en éclair chez moi, me prépare puis file au rendez-vous. L’avenir de ma boîte est en jeu. Je dois être irréprochable.

Pourquoi ai-je décidé de sortir hier soir déjà ? Ah oui, parce que je n’aurai plus le temps si l’accord super important se conclut aujourd’hui.

Après deux heures à courir après le temps, je suis devant la tour des entreprises Wright. Fonds d’investissement privé d’abord spécialisé dans les nouvelles technologies, ils ont su se diversifier par la suite. Nous avons rendez-vous pour présenter notre réseau social culturel : SF. Le nom est un petit clin d’oeil à notre ville chérie, San Francisco, ainsi qu’au genre littéraire préféré du créateur de l’application, Dan, mon boss.

Il est d’ailleurs présentement stressé. Dans son costume gris, au pied du gratte-ciel, il ne cesse de s’agiter. Ses cheveux châtains ne dissimulent pas totalement son regard marron foncé. Ses traits sont tirés, je le sens tendu. Mon arrivée le calme quelques secondes. Il me salue et je l’entraîne dans le bâtiment.

Nous nous dirigeons vers l’accueil, au milieu de l’immense hall d’entrée, afin de récupérer nos badges. Une réceptionniste blonde annonce notre arrivée au téléphone et nous indique de prendre l’ascenseur jusqu’à l’étage quarante. Décidément, ce chiffre me poursuit.

Quand nous arrivons au dernier étage de la tour, une femme rousse est en train de pianoter sur son ordinateur à son bureau. Son sourire est professionnel et elle se lève pour nous amener à notre réunion. Monsieur Wright doit bien la payer car ses chaussures viennent d’un grand créateur. Les lieux sont magnifiques. Ce n’est pas de la moquette comme dans la plupart des bâtiments mais du parquet. Les cloisons ne sont pas en vulgaire contreplaqué mais en verre. Certains employés sont concentrés sur leur ordinateur, d’autres en train de discuter. Il règne une grande effervescence. Ici, ce sont les plus proches collaborateurs de monsieur Wright, son équipe rapprochée qui travaille sur les futurs projets de ses sociétés.

Au fur et à mesure que nous avançons et dépassons des bureaux, le stress monte. Mes mains deviennent moites, ma respiration se fait plus courte et je tente par tous les moyens de ne pas céder à l’anxiété. Dan compte trop sur moi.

Quand nous arrivons au bout du couloir, nous découvrons des murs opaques. Ici pas de verre. La secrétaire toque, ouvre la porte et avance de quelques pas. Elle annonce d’une voix douce :

— Monsieur Wright, votre rendez-vous est arrivé.

L’homme, de dos, se retourne. Son costume sur-mesure le met parfaitement en valeur. Sa coiffure est impeccable. Ses yeux verts me font revivre la nuit passée à ses côtés. Le choc. C’est mon Apollon métis. L’homme qui va décider de l’avenir de ma boîte est celui qui m’a fait hurler plusieurs fois de plaisir.

Je n’espère qu’une chose : avoir été à la hauteur hier soir.


[1] sugar daddy : homme d’un certain âge qui offre des cadeaux à des femmes bien plus jeunes souvent en échange de faveurs sexuelles (note de l’autrice)

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